Enfin, ce marché de l’optique serait il en train de se faire réguler par l’état ? Mieux vaut aller en allemagne pour acheter ses lunettes. Meme l’ancien fondateur de meetic.fr a du mal à faire bouger les frontières avec le monopole de ces lunettiers. En ce qui concerne la vente de produits d’optiques, le projet de loi sur la consommation recommande l’ouverture du marché sur Internet. Les opticiens sont en désaccord avec cette proposition. Ils estiment en effet que cette mesure engendrera une baisse de prix, qui aura pour conséquence d’asphyxier cette profession.

Les arguments de Benoît Hamon, pilote du projet de loi   

Pour convaincre les membres de l’Assemblée de voter pour ce projet de loi, Benoît Hamon met en avant le gain de pouvoir d’achat qui pourrait en découler. En effet, les lunettes sont deux fois plus chères en France que dans les autres pays européens. Une paire coûte en moyenne 470 euros. En plus, les marges bénéficiaires pratiquées par les opticiens sont trop élevées. Selon les observations de l’UFC Que choisir, elles atteignent 70 % du prix de vente pour chaque paire de lunettes. Une libéralisation du marché, avec une plus grande ouverture sur le web, devrait donc réduire le prix des lunettes de 30 % à 40 %, et ainsi rapporter un pouvoir d’achat d’environ un milliard d’euros.

Les opticiens contestent…

Pour se défendre contre les chiffres avancés par Benoit Hamon, les opticiens dénoncent l’inefficacité de cette mesure. Le directeur général de Krys Group prend l’exemple des pays qui ont adopté une libéralisation de la vente des produits d’optique, à l’instar des États-Unis et de la Grande-Bretagne. D’après lui, le marché d’optique sur le web n’y représente que 3 %. Pour cause, le passage en boutique est indispensable pour l’achat d’une paire de lunettes. D’après lui, mis à part les conseils, il existe des services qui requièrent une rencontre avec les spécialistes comme le réglage des montures, la mesure de l’écartement des yeux, etc. En plus, les produits d’optique relèvent de la santé oculaire. Ils ne doivent donc pas être assimilés à des produits de grande consommation. Pour le PDG du groupe Optic 2000, si cette loi sur la consommation venait à être votée, elle n’aurait servi qu’à baisser les prix, et mécaniquement générer une destruction d’emploi. Le marché s’en retrouverait, à court terme, réduite de 16 % ce qui aboutira à la perte d’environ 16000 emplois.

À noter que dans le cadre de cette loi sur la consommation, les ophtalmologues auront la possibilité de réaliser la mesure de l’écart pupillaire, tâche auparavant réservé aux opticiens, et de l’inscrire sur l’ordonnance. Il suffira alors au patient de communiquer cette donnée au commerçant en ligne pour commander des lunettes sur mesure.